Tsipras a t’il sauvé la Grèce d’un désastre grâce a Hollande ?

eurosDepuis 2008, la crise grecque revient périodiquement dans les gros titres de l’actualité européenne. Et ça va continuer pendant encore quelques années avec les bons sentiments d’un Hollande qui est très content d’avoir trouver un accord aussi insoutenable soit-il pour la Grèce. Mais les français ont ils une alternative viable a ce président bobo (1) ?
En 2012, j’ai voté au second tour davantage contre Sarkozyzy que pour cet ex-conjoint de Sécotine Royale mais je ne voterai plus pour ce crétin rondouillard. Il est pas vraiment mauvais dans un contexte économique si difficile mais il est clairement pas a la hauteur de son mandat et il mériterait un bon coup de pied au cul le plus tôt possible! En espérant qu’il n’y aura pas un Sarkozyzy II.

Pourquoi j’écris un article alors qu’on est déjà noyé d’articles de décryptage sur cette crise grecque dans les media de masse francophone et sur internet (Le Monde, L’Obs, Le Point …) ? Parce que j’ai trouvé les commentaires et l’analyse de Hugo Deslandes-Kilimira suffisamment intéressants et éclairants pour les publier sur mon blog.

La sortie de l’Euro est ce un désastre pour la Grèce ?

Hugo: Le désastre dont parle monsieur Tsipras est celui relié à une sortie du pays de l’Euro (qui est souhaitable, mais pas aussi simple que cela à faire).

La Banque Centrale Européenne a le pouvoir de mettre les banques grecques en faillite (et elle ne se gêne pas pour le faire ; c’est pour retarder cette échéance que les banques grecques ont été fermées). Le résultat de ces faillites serait vraiment désastreux :

  1. Plus de système de paiement. On ne peut plus conclure de transaction. L’économie s’arrête net.
  2. Les importations cessent car les exportateurs étrangers ne sont plus payés par les importateurs.
  3. Il y a des pénuries de produits critiques comme les médicaments et la nourriture, car les magasins ne peuvent plus payer leurs fournisseurs et les stocks s’épuisent.

Concrètement, sortir de l’Euro requiert de monter un système de paiement qui tiendra les activités bancaires à flot ainsi qu’une migration vers la drachme et (en gros) ceux qui prônent cette solution oublient de tenir compte du temps qu’il faudra pour changer les système informatiques.

C’est un travail complexe qui demande normalement des mois (sinon des années) de préparation dans toutes le banques, à la banque centrale, dans les systèmes de paiements étrangers, au gouvernement et j’en passe.

Aucun plan de ce genre n’est disponible à notre connaissance ; alors si la Grèce sort de l’Euro, leur système bancaire s’arrête net et toute l’économie cesse de fonctionner, car plus personne ne pourrait plus payer personne.

Le gouvernement pourrait toujours se mettre à imprimer une sorte de monnaie de transition (genre des reconnaissances de dettes libellées en Euros), mais quelle confiance serait-elle accordée par les gens et les fournisseurs à cette pseudo-monnaie ?

Il faudra passer par là, mais quand ?

Cette austérité aiguë est ce la bonne solution ?

Hugo: L’Austérité n’est pas non plus la solution (même le FMI le reconnaît) mais c’est la pilule empoisonnée que les allemands demandent pourtant aux grecs d’avaler ; cela ne mènera qu’au chaos social et cela pourrait déclencher un tsunami financier en raison d’un facteur inconnu : le jeu des « Credit Default Swaps » ces contrats occultes que les banques ou les assureurs seraient tenus d’honorer si un événement de crédit était déclenché par un Grexit et/ou un effacement brutal des 340 milliards de la dette grecque en raison d’un soulèvement populaire.

La Grèce à elle seule peut représenter un événement plus grave que ceux qui ont été à l’origine (en 2008) de la plus grande panique bancaire depuis la Seconde Guerre Mondiale, panique dont nous payons encore les conséquences aujourd’hui!

Faillite ou cessation de paiement d’un État souverain ?

Hugo: L’expression « faire faillite » ne peut pas s’employer pour un État, car sa définition est bien précise. Elle correspond à la situation dans laquelle se trouve un agent économique qui ne peut plus faire face à ses engagements, conduisant à une procédure judiciaire. Il s’agit de céder les actifs – les ressources dont il dispose – pour rembourser les passifs – ce qu’il doit payer -, du moins dans la mesure du possible. Le but est de ré-allouer le capital d’un agent économique à un autre et de rembourser les créanciers.

Dans le cadre d’un État, cette procédure n’est pas possible. On ne peut pas organiser la liquidation d’un pays et la reprise de son activité par un repreneur, et ce pour plusieurs raisons.

– Tout d’abord en vertu de la souveraineté des États. Ces derniers sont représentants de leur peuple, donc incessibles. Dans le cas d’une faillite, une instance supérieure règle le conflit entre débiteurs et créditeurs ; or cette instance supérieure n’existe pas pour les États. Même dans le cas de l’Union Européenne, les pays restent souverains. Idem pour un État fédéral.

– Les actifs d’un pays ont une forme complexe, puisque certains d’entre eux ne sont pas fongibles, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas être vendus. C’est le cas d’un réseau routier. Un péage peut être installé sur une autoroute ou un pont, mais l’ensemble d’un réseau routier n’aura pas de valeur pour un opérateur privé.

– Enfin, la capacité d’un État à lever l’impôt ne peut pas être cédée à quiconque.

Voilà pourquoi il est impropre de parler de la faillite d’un État. Par contre, il peut se produire un défaut ou une cessation de paiement (la France, par exemple, a fait défaut sur sa dette en 1793 et il lui a fallu 50 ans avant de récupérer du crédit auprès des banques européennes) !

La dette grecque est elle remboursable ?

Hugo: Pour comprendre ce qu’est peut être la stratégie du gouvernement Grec, il faut se rappeler une boutade célèbre : Si vous devez 100 000 euro à votre banquier, vous avez un problème. Si vous lui devez 340 milliards, il a un problème. Donc soyons clairs, ce sont la BCE, le FMI etc. qui ont un problème, pas la Grèce.

Quand la musique s’arrêtera, l’État Grec fera défaut sur 340 milliards ; au moins 100 de ces 340 milliards étant soit dans les comptes de citoyens Grecs en dehors de Grèce, soit en billets de banque en Euro dans les matelas en Grèce, et ces billets ou dépôts étrangers resteront parfaitement valables si la Drachme revient.

Lorsque la Grèce sortira de l’Euro (et ça va arriver) les citoyens Grecs auront donc une forte hausse de la valeur de leur épargne, ce qui leur permettra de consommer à nouveau. Quand la Drachme sera réintroduite, elle baissera de 50% ou plus, ce qui permettra à l’économie Grecque de repartir comme une fusée.

En Grèce, les transactions domestiques habituelles pour acheter la feta, les olives, ou pour payer les salariés de l’hôtel se passeront évidemment en monnaie locale, mais pour acheter une maison il faudra le faire en dollars ou en Euros.

Parallèlement, le gouvernement Grec (qui sera toujours dans l’Union Européenne), commencera à ouvrir des négociations, avec la Russie par exemple, pour louer à cet autre paria une grande base maritime en Mer Égée (et ce ne sont pas les ports qui manquent en Grèce).

Est-ce que la tragi-comédie qui vient de se passer entre le référendum, la démission du flamboyant

ministre des Finances Grec et la capitulation apparente en rase campagne de Tsipras change quoi que ce soit à cette analyse quelque peu cynique?

Je ne crois pas, puisque Tout le monde sait que la dette Grecque est insoutenable à terme !

dette publique grecque

La Grèce devait elle entrer dans la zone Euro ? Et l’Italie ?

Hugo: De fait, l’Euro n’était pas une bonne idée ; y faire rentrer la Grèce et l’Italie fut une imbécillité.

Merci à Goldman Sachs qui n’a jamais été poursuivie pour avoir tripatouillé les comptes de ces deux pays, ce qui est bien « normal » puisque celui qui a négocié avec Goldman pour maquiller les comptes de l’Italie n’était autre que monsieur Draghi (actuel président de la Banque Centrale Européenne)…

La seule solution pour les Puissants Esprits qui ont créé l’Euro serait d’annuler totalement la dette grecque, mais l’Italie, l’Espagne et le Portugal demanderaient immédiatement la même chose, ce qui mettrait le système financier allemand en faillite puisque les balances «target» (qui ne sont que la somme des excédents des comptes courants allemands contre le reste de l’Europe depuis les débuts de l’Euro) sont aux alentours de 1000 milliards d’euro.

Or, ces mille milliards (qui n’en vaudront que 500 à tout casser dans le cas de remises des dettes généralisées) sont dans l’actif des institutions financières allemandes, tandis que les fonds propres de ce système financier allemand ne sont que de 350 milliards. Prendre une perte de 500 milliards avec des fonds propres de 350 milliards n’est pas chose facile et l’électeur de Madame Merkel n’apprécierait sans doute pas !

Ce pourquoi le ministre allemand des finances a tout fait pour que les conditions imposées à la Grèce soient inacceptables ; l’objectif est de pousser les grecs à sortir d’eux mêmes d’une Zone Euro où ils n’auraient jamais dû entrer (et cela va arriver)

(1) bobo: contraction de bourgeois-bohème, est une expression désignant des personnes relativement aisées dont les valeurs privilégient le social.

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