Media de masse et les nouveaux chiens de garde

Les nouveaux chiens de gardeCe documentaire français de 2011 très intéressant et souvent ironique commence par la citation d’un essai de Paul Nizan, Les chiens de garde paru en 1932.  On y découvre des journalistes amis des politiciens au pouvoir et des experts économiques qui n’ont rien vu venir de la crise d’octobre 2008 mais qui continuent d’être très majoritairement interviewé par les journalistes des principaux médias de masse français. C’est une famille entre industriels, politiques, journalistes et experts qui s’invitent et se soutiennent mutuellement et qui n’explosera que si tout le système explose. C’est malheureux dans notre contexte de crise économique majeure mais c’est ainsi.

Le site officiel

Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.

En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde (a) pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi. Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise.

Sur mon blog, je critique souvent les médias de masse et pas seulement ceux français mais j’ajoute que les médias « citoyens » sur internet ne sont pas meilleurs en moyenne: il faut y faire un gros tri.
Voici 10 de mes articles en relation sur ce thème :

Bien sur, Je ne suis pas le seul a critiquer ceci et d’autre le font avec plus de talent. J’aime en particulier le ton du journaliste et critique littéraire Didier Jacob sur son blog quand il critique vigoureusement un philosophe médiatique français omniprésent dans le P.A.F (Paysage Audiovisuel Français) :

La profonde vulgarité de pensée de Finkielkraut n’est cependant pas dans son art de proférer des inepties sur un ton qui en impose, mais dans sa manière de donner d’éternelles leçons à ceux là qui ne se conduisent pas autrement que lui. Témoin, hier, sa cocasse intervention dans le JDD. Voici les meilleurs phases de jeu: «Nous entrons, à toute vitesse, dans une société post-littéraire. Il arrive à Nicolas Sarkozy, par ses choix culturels et par certains aspects de sa politique, d’accompagner le mouvement. Mais on devrait se féliciter de le voir parfois ralentir et regarder derrière lui.» Admirable coup de lèche à notre Président, dont le mépris affiché pour les affaires de la culture devrait pourtant inciter notre philosophe, désabusé par l’époque et ses affreuses manières, à un peu de retenue dans le panégyrique!

Avec Finkielkraut, la philosophie est tombée au plus bas niveau, qui est celui-là même qu’il dénonce à longueur de colonnes et d’interventions, lorsqu’il prêche contre la société du spectacle et du rire tonitruant. C’est de la pensée de comptoir, médiocre, à seul effet d’audimat et de sensation. :mrgreen:

Extrait des 10 premières minutes du documentaire qui dure 104 min.

a:
Il s’agit d’un essai pamphlétaire dirigé contre quelques-uns des philosophes les plus connus de l’époque – notamment Bergson, Émile Boutroux, Brunschvicg, Lalande, Marcel, Maritain. Pour Paul Nizan, lui-même alors jeune philosophe communiste, ces penseurs incarnent une « philosophie idéaliste », en ce sens que tous ne font qu’énoncer des vérités sur l’homme en général, et de ce fait ne tiennent aucunement compte du réel quotidien auquel chaque homme en particulier se trouve confronté : la misère matérielle, la maladie, le chômage, les guerres, etc. Pour l’auteur, qui fonde son argument en s’appuyant sur la notion marxiste de lutte des classes, ces philosophes n’ont d’autre but, au fond, que de justifier et de perpétuer les valeurs morales et socio-économiques de la classe bourgeoise. Selon lui, leur idéalisme leur interdit toute analyse de l’exploitation de la classe prolétarienne par la bourgeoisie.

Le livre se clôt par un appel aux jeunes générations de philosophes à lutter contre la bourgeoisie et ses « chiens de garde » que sont, pour Paul Nizan, les penseurs en question, et à mettre la réflexion philosophique au service du prolétariat.

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