Wikileaks liberte de la presse contre interet gouvernemental

« La France ne peut héberger des sites Internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique », écrit M.Besson dans un courrier transmis à la presse.

Mercredi, WikiLeaks a eu recours à OVH pour héberger une partie de son contenu, après s’être fait expulser du serveur américain Amazon. Une autre partie de son contenu demeure cependant hébergée en Suède.

La démarche du gouvernement français est engagée au moment où WikiLeaks, qui a entrepris la publication de 250 000 notes diplomatiques américaines la semaine dernière, lutte pour rester accessible. Le site a réussi à se remettre en ligne, vendredi, après environ six heures d’interruption. Il est maintenant disponible à l’adresse wikileaks.ch.

Son adresse précédente, wikileaks.org, ne fonctionne plus depuis jeudi 22 h, heure de l’Est. Le fournisseur de noms de domaine EveryDNS.net a expliqué qu’il interrompait son service parce que les attaques informatiques massives contre le site menaçaient l’ensemble de son réseau.

La publication des notes diplomatiques obtenues par WikiLeaks suscite la colère de Washington et l’embarras de plusieurs pays dans le monde, du Canada à la Chine, en passant par la Russie et plusieurs pays du Moyen-Orient.

Un commentaire intéressant suite a cette article de Radio Canada.

Cette comparaison constante des opposant de Wikileaks avec l’intimité de personnes est farfelue et intellectuellement malhonnête. On parle de documents officiels qui reflète la véritable position des pays concernés et non pas les mensonges qu’on sert au bon peuple. D’ailleurs personne ne conteste la véracité des documents. Croyez vous vraiment qu’y n’y a pas d’affaires de mœurs croustillantes dans les documents recueillis par Wikileaks? Ils ont été retirés par l’organisme lui-même. Preuve de la « moralité » de Wikileaks par rapport à la plupart des médias grands publics qui nous entourent. C’est d’ailleurs pourquoi il y a une si grande campagne de dénigrement de l’organisme de la part des gouvernements corrompus qui se sentent menacés. Campagne qui descend aussi bas que s’attaquer à la crédibilité morale d’Assange avec de fausses accusations pour le discréditer et les appels au meurtre (partagé par bon nombres de politiciens *). Nous assistons aujourd’hui à la plus grande tentative de restriction à la liberté de presse et de parole depuis que ces droits existent.

* L’ancien conseiller politique du premier ministre Stephen Harper, Tom Flanagan, devrait être poursuivi pour incitation au meurtre, selon le fondateur du site Internet WikiLeaks, Julian Assange. (source)

Cette affaire Wikikeaks est tres intéressante par le type des réactions des chefs d’états et la qualité du traitement des médias de masse. Et voici un autre commentaire intéressant.

Les attaques contre WikiLeaks et contre Assange lui-même nous révèlent que les chancelleries occidentales sont en panique totale. Tous les alliés des américains doivent actuellement subir des pressions intenses pour empêcher que les serveurs installés chez eux puissent héberger WikiLeaks.

En fait, cette volonté de museler WikiLeaks va à l’encontre de la liberté d’expression que ces pays prétendent respecter. Cela va plus loin que le seul WikiLeaks et servirait à créer un précédent absolument inacceptable en démocratie. La liberté d’expression n’est pas un principe qu’on respecte quand cela ne nous dérange pas et qu’on bat en brèche quand cela ne fait plus notre affaire.

On invoque la liberté d’expression pour permettre à des serveurs d’héberger des sites pornographiques ou des sites fascistes qui prêchent la violence, le suprémacisme ou la haine raciale et on se fâche tout rouge contre WikiLeaks. Finalement, on tire sur le messager parce qu’on craint les effets du message. Les gouvernements occidentaux vivent très bien avec le racisme, la pornographie et la violence, mais ils semblent éprouver des problèmes à vivre avec ce qu’ils sont. Ils sont terrifiés qu’on expose leurs tares, leurs dérives et leur incurie, voilà où le bât blesse. Si leurs actions allaient dans le sens de la paix et du respect des peuples, WikiLeaks n’existerait pas. Il n’est pas une cause, il n’est qu’un effet. L’effet de la décrépitude morale de notre classe politique.

Ce qui m’intrigue au plus haut point, c’est la violence de la réaction à la publication de ces documents qui ne sont pas aussi dangereux ou néfastes qu’on le prétend. Leur contenu ne met rien de fondamental en question. Il ne fait que confirmer ce que nous savions tous et nous permet de mieux comprendre comment fonctionne la diplomatie. Certains individus peuvent avoir l’air un peu stupides où le cynisme de certains se retrouver sur la place publique, mais dans l’ensemble, le mal n’est pas bien grand.

Les américains n’ont pas réagi de manière aussi violente lors de la publication des documents sur l’Irak qui démontraient pourtant la sauvagerie de leur armée. Qu’est-ce qui les dérange à ce point dans ces notes diplomatiques ? J’ai comme l’impression que cette publication n’est que le premier volet et qu’ils savent ce qui s’en vient et c’est ce qui s’en vient qui les terrifie. Mais qu’est-ce que WikiLeaks leur réserve pour les faire paniquer à ce point ?

Tout ceci me semble assez juste mais il faut mettre les choses en perspective. Il faut arrêter de critiquer systématiquement les politiciens et mieux cibler les priorités. Leur tache n’est pas facile et ce ne sont pas des dieux mais des humains avec leurs forces et lacunes. Il faut faire attention aux calomnies qui salissent la réputation de politiciens injustement ou pour des peccadilles insignifiantes vu les enjeux qu’ils gèrent.

Au Québec, nous nageons dans les affaires de corruptions dans les travaux publics plus ou moins relie au financement occulte des partis. Si demain la loi électorale attribue davantage de fonds pour payer ces partis politiques une partie du problème sera résolue. Je rigole quand la presse parle d’une corruption pour mille dollars. Soyons serieux et occupons nous des choses importantes.

A Montréal, si vous marquez pas bien votre arrêt a un panneau ARRET une voiture de police enclenche sa sirène. Du coup, quand on entend une sirène on ne sait plus si c’est pour un banal arrêt mal fait ou si c’est pour une vrai urgence comme un  cambriolage ou un braquage de banque.

L’intensité du combat, que mène Wikileaks et son fondateur Julian Assange au niveau juridique et informatique (avec les attaques DDOS) nous indique que les enjeux politiques sont probablement tres important.

Sinon sur le blog Zero Seconde, Martin Lessard a publié un article sur ce sujet chaud de l’actualité : Le ban de Wikileaks

Internet a, plus que toute autre technologie, rétrécit le monde à un petit village. La tribu humaine se voit forcé de façon digitale de réinventer un nouveau modus operandi pour amalgamer des communautés et des pratiques incompatibles. Des rapports de forces s’installent pour soit garder les privilèges d’antan, soit établir de nouvelles règles. Wikileaks, le site qui coulent les secrets plus vite que son ombre, risque de devenir le premier renégat du village global et fait face à un ban numérique tout à fait spectaculaire à l’âge du silicone.

Et enfin sur le blog Les 7 du Quebec, Pierre JC Allard nous parle de L’ « Effet Assange »

L’inédit, dans l’Affaire Wikileaks, c’est le stupéfiant retour du pendule qu’elle semble indiquer dans la lutte pour le pouvoir entre l’oligarchie dominante – représentée ici par l’État et les médias –  et l’individu… Un individu comme vous et moi qui, apparemment, sort de nulle part et fait trembler tous les gouvernements.

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