Liberté de la Presse – La France classé au 35e rang

libertepresseLa situation de la liberté de la presse « se dégrade en France », pays qui occupe la 35e place dans le derner classement mondial de RSF. « La France détient le triste record européen du nombre de convocations en garde à vue de journalistes ». « Les journalistes sont trop souvent assimilés à des gêneurs, voire à des criminels ».

Comme expatrié français, cette interpellation musclée et cette fouille d’un journaliste en France me peine et me choque.

Un ex-PDG de Libération brutalement interpellé à son domicile

Du jamais vu dans une affaire de presse: le journaliste Vittorio de Filippis, qui a été directeur de la publication de Libération de mai à décembre 2006, a été interpellé à son domicile pour une banale affaire de diffamation.

«On contrôle mon identité puis on m’emmène dans une pièce glauque, avec un comptoir en béton derrière lequel se trouvent trois policiers dont un avec des gants, précise Vittorio de Filippis. Derrière eux, un mur de casiers qui contiennent les effets des personnes «en transit». On me demande de vider mes poches, puis de me déshabiller. Dans mes papiers d’identité, ils isolent ma carte de presse et la mentionnent dans l’inventaire de mes effets. A aucun moment, jusqu’alors, je n’avais mentionné ma qualité de journaliste».

«Je me retrouve en slip devant eux, ils refouillent mes vêtements, puis me demandent de baisser mon slip, de me tourner et de tousser trois fois.»

10 heures. Deux gendarmes viennent le chercher, et l’isolent à nouveau derrière un paravent en béton qui se trouve dans le long couloir bordé de cellules.

Ils lui demandent de se déshabiller complètement.

«Je signale alors que j’ai déjà été fouillé d’une manière un peu humiliante deux heures plus tôt et je refuse de baisser mon slip à nouveau. Bien que comprenant l’absurdité de la situation et mon énervement, ils me répondent que c’est la procédure et qu’ils doivent appeler la juge devant mon refus. Celle-ci leur répond que soit je respecte la procédure et dans ce cas-là elle m’auditionnera et je serai libéré; soit j’assume mes actes».

Le journaliste accepte donc de se laisser fouiller à nouveau, de baisser son slip, de se tourner et de tousser.

Rhabillé, il est menotté «mais cette fois avec les mains devant», et escorté par les gendarmes dans les couloirs interminables du TGI, jusqu’au bureau de la juge Muriel Josié, vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris.

10 h 40. Dans le bureau de la juge, les gendarmes lui retirent les menottes. La juge, qui «au départ», selon Vittorio de Filipis, «a l’air un peu gêné», lui signifie qu’elle l’a convoqué parce qu’elle a déjà procédé à de nombreuses convocations par courrier dans le cadre de l’affaire Niel et qu’il a toujours été «injoignable».

Le journaliste lui répond alors que, comme pour chacune des affaires qui concernent des articles écrits par des journalistes de Libération, il transmet les courriers aux avocats du journal. Et il demande alors à parler à ceux-ci. «La juge me demande leur adresse, puis me lit une liste d’adresses d’avocats dans laquelle j’identifie celles de nos avocats».

Puis Vittorio de Filippis refuse de répondre à toute autre question. La juge s’énerve, hausse le ton. Mais, en l’absence de ses avocats, le journaliste refuse tout échange verbal avec elle.

La juge lui fait signer le procès-verbal de l’entretien et lui notifie sa mise en examen pour «diffamation». Elle lui demande s’il sera joignable d’ici à la fin du mois de décembre.

. .

« Nous sommes indignés par le caractère intolérable des méthodes employées contre Vittorio de Filippis et leur nature humiliante », a déclaré Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué. « Traiter un journaliste comme un criminel et recourir à des procédés tels que la fouille au corps est non seulement choquant, mais aussi indigne de la justice française ».

Même pour un suspect criminel, ce traitement est scandaleux et choquant. Si les policiers le font pour un suspect criminel qui transgresse la loi, pour quelle raison ne le ferait il pas aussi pour un suspect d’une infraction moins lourde ? Je rappelle qu’un suspect est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.

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2 commentaires sur “Liberté de la Presse – La France classé au 35e rang

  1. Une première en Isère : des enfants raflés à l’école

    Hier s’est produit un fait très grave à l’école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l’école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour « un rendez-vous en préfecture », ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon.

    Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d’entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l’aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard.

    Nous n’avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les Aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin. Leurs chaises d’école resteront vides.

    C’est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles.

    Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l’école.

    Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire « on ne savait pas ».

    Merci

    Réseau Education Sans Frontières 38.

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article75232

    Je suis toujours étonné que les journalistes ne se rebiffent que quand ça arrive à l’un des leurs… Comme s’ils découvraient le monde !
    Et d’autre part, en ce qui concerne Filippis, quel est le rapport avec la liberté de la presse ? Est-ce que ça voudrait dire que les journalistes seraient au-dessus des lois ?

  2. Bonjour Pierre M. Boriliens,

    Non bien sur, les journalistes ne sont pas au-dessus des lois.
    Disons qu’étant plus exposé, ils doivent avoir des aménagements pour exercer correctement leur travail sans intimidation et pression excessive. Les médias de masse constituent une sorte de 4e pouvoir que le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire peut vouloir étouffer.

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