Enfer et soins mediocres a Montreal pour une discopathie

Un peu avant les fêtes de Noël 2007, je reçois par email un avis d’un procureur pour une procédure judiciaire « a l’amiable » qui me demande de l’appeler des la réception pour une affaire familiale. Son « harcèlement » téléphonique avec plusieurs email « Urgent ! » me procure un stress important que j’essaye de dissiper tant bien que mal avec l’activité sportive. Pour ma défense, je ne consulte aucun avocat à part un service téléphonique pour poser quelques questions juridiques sur mes droits de parent.

Début février 2008, je vois un médecin d’une clinique d’urgence de Montréal pour une douleur à l’épaule. Je lui explique que ça m’est arrivé à la piscine avec un léger engourdissement et que je prends des anti-inflammatoires légers (ibuprofène) en vente libre. Je fais aussi un peu d’hypertension. Je lui explique que ces douleurs sont plutôt chroniques avec une très ancienne chute de vélo (20ans) et des excès de natation. Il me dit qu’il n’y a rien à faire et que ça va empirer avec le temps. Rien à faire pour améliorer mon état ?? Alors, j’évoque un physiothérapeute. Le médecin rédige sans conviction une prescription sans aucune référence de thérapeute. J’ai attendu 3h dans la salle d’attente pour ce diagnostic euphorisant. La secrétaire m’avait appris qu’il était resté bloqué plus d’une 1h dans un embouteillage.

N’ayant pas de médecin de famille comme plusieurs milliers de Québécois je consulte un jeune physiothérapeute d’un centre de soins sportifs KINATEX a île des sœurs tout près de ma résidence . Après un long questionnaire et des tests de mobilité, il me dit que si je ne fais rien j’aurais une calcite à l’épaule et que je pourrais plus la bouger. Malgré ce diagnostic sévère de possible blocage (complètement faux), je reprends un peu espoir. La séance dure 1h et je paye 75$. J’étais prudent pendant la séance âpre avoir eu une mauvaise expérience (douleur dos) avec une physiothérapeute il y a 7/8 ans pour le même problème d’épaule.

Malgré que j’ai fait que 10% du volume des exercices, après 3j d’exercice matin et soir j’ai une TRES vive douleur au dos (comme un coup de poignard) au niveau des omoplates (épaules). Cloué au lit j’appelle l’ambulance (facturé $150) qui me conduit à l’hôpital Verdun. J’ai l’impression que l’ambulance saute sur le dos d’âne situei juste prés de l’entrée de l’hôpital. Rien sur les radiographies et prescription d’anti-inflammatoire, de relaxant musculaire et comprimé de morphine pour la douleur. Le médecin de garde me rassure et m’indique de revenir dans une semaine pour le suivi. Une semaine après j’annule mon rendez-vous avec une douleur qui est réapparue avec la marche.

15 jours après, je retourne dans un fauteuil roulant. Le médecin débordé m’accorde peu de minutes d’attention, mais sa secrétaire arrive à l’interrompre deux fois. Il m’ausculte à peine et me dit que ça vient peut-être des cervicales pour les sensations d’irradiations aux bras et épaules. Je parle d’IRM pour voir les ligaments et muscles qu’on ne voit pas dans une radiographie X et je récolte une radio X de mon épaule et 15 jours d’anti-inflammatoires supplémentaires et comprimés contre la douleur. « Comment va votre estomac ? » Je lui dis que j’ai eu un peu acidité, mais que je supporte plutôt bien en les prenant avec un grand verre d’eau. J’oublie de demander une prescription pour un rhumatologue.

À la 2e visite de suivi je suis encore en fauteuil roulant et je porte une Minerve, car en faisant un peu trop d’exercices d’assouplissement (conseillés dans un livre d’un ostéopathe français.) je me suis blessé. Je demande avant d’oublier une prescription pour un rhumatologue (et un physiatre). Le médecin me dit qu’il n’y en a pas à l’hôpital et que ça prendra du temps pour un rendez-vous même en cabinet privé. Le rendez-vous le plus rapide que j’obtiens en urgence est dans 6 semaines.

Entre temps je fais une crise de panique initiée par une douleur à l’estomac. Le lendemain je décide d’aller me soigner en France où vivent mes parents. Ma conjointe emprunte à l’hôpital mes radiographies avec une autorisation signée de ma part et ma carte d’assurance maladie et me prends billet d’avion pour Paris.

Mes parents connaissent un physiatre expérimenté et très réputé que je vois dès mon arrivée. Au vu des radiographies et d’une osculation minutieuse, il me rassure et pratique une manipulation sur mes cervicales. « Pour me rassurer » il prescrit 2 IRM pour les cervicales et dorsales. Il me dit d’arrêter les anti-inflammatoires pour ne pas endommager mon estomac, de reprendre une vie normale (0 exercice) et m’indique un tranquillisant avec des anti-douleurs en vente libre en France (Efferalgan). Je reste 2 jours au repos après cette manipulation « surprise ». La semaine suivante je passe mes 2 IRM et les médecins radiologistes sont plutôt rassurants avec « rien de grave », mais une discopathie pour les dorsales et un tassement des cervicales.

Je consulte un jeune rhumatologue qui me fait des tests de mobilité. Il me parle d’une « petite hernie discale » qui explique mes vives douleurs et me parle d’arthrose. Pour le risque de « calcite à l’épaule » du jeune physiothérapeute de KINETAX il me dit que c’est faux, aucun risque. J’annule mon 2e rendez-vous avec un autre rhumatologue vu que les vibrations du transport (pavés parisiens) et cette auscultation poussée ont ravivé mes douleurs. Entre temps j’ai consulté un médecin pour les crampes d’estomac que j’ai contractées après plus d’un mois d’anti-inflammatoire. J’ai sans doute une gastrite et je mange très légèrement. Ennuyant avec autant de viennoiserie et délicieux gâteaux.

Finalement, je retourne voir le physiatre réputé qui prend le temps de regarder à la loupe les IRM. Rien de grave, mais il faut y aller très progressivement avec marche et natation. Quand je lui demande s’il a une référence d’un bon kinésithérapeute (physiothérapeute) il me « c’est le mouton à 5 pattes ». Ils veulent souvent en faire trop. Il me conseille plutôt des massages très doux.
Avant de le quitter, il m’indique des anciens élèves physiatres actuellement à Montréal. [Après vérification : Aucun exerce encore ou numéro plus valide ]

Avant de partir, je fais deux séances avec un médecin acupuncture et 2 très doux massages « à domicile » d’un ami kinésithérapeute (physiothérapeute) qui me permet d’améliorer mon état et de diminuer ma prise d’antidouleurs.

Avant cette mauvaise aventure, le livre Plus jamais mal au dos d’un ostéopathe français m’a beaucoup aidé dans le passé pour soulager mes douleurs de dos et avoir une meilleure hygiène. Malheureusement on s’écarte de ce mode de vie quand les douleurs disparaissent. En venant à Paris, je comptais le consulter. Malheureusement pour moi, Pierre PALLARDY a été écroué pour agression sexuelle en 2006.

Je suis rentré avec deux IRM qui m’appartiennent puisque je les ai payés.

Au retour, dans l’avion j’ai vu la dernière comédie dramatique de Denis Arcand « L’Âge des ténèbres » qui a eu un singulier écho après ma triste et très dure expérience. J’ai vu de prés les hôpitaux et toutes ces personnes âgées qui attendent et dont plusieurs souffrent visiblement.

Comment vous êtes-vous débrouillé dans une situation d’urgence avec les soins de santé au Québec ? Certains m’ont dit qu’avec un médecin de famille, les délais sont un peu plus court. Y-a-t’il des cliniques privées au Québec qui effectuent rapidement des IRM et scanner avec des spécialistes et à quel prix ? Est ce meilleur en Ontario ?

Mise a jour d’octobre 2013:

Aucune réponse car c’est probablement la même galère partout au Canada a quelques petites différences prés pour les soins publics et en particulier pour les maux de dos (hernie discale, discopathie etc…)

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8 commentaires sur “Enfer et soins mediocres a Montreal pour une discopathie

  1. Bonjour,

    Je me suis assez bien reconnue dans cet article. Je suis arrivée à Montréal il y’ a un an. Depuis le mois de mai je souffre de contractures musculaires, de raideurs, de douleurs articulaires et d’une grande fatigue. J ai du mal à avoir des activités et si je me pousse à marcher quelques Km ou porter quelque chose mes muscles sont encore plus contractés. Dès le début j’ai vu 2 docteurs en clinique sans rdv, les deux m’ont dit que c’était mon corps qui se défendaient contre un virus, du repos et un jus de poire aller me guérir. Nous sommes en octobre et mon état est toujours le même, je peux toutefois plus me déplacer qu’au début… Bref, quand je demande des examen complémentaires, on me dit que c’est pas la peine ou que de toute façon étant Française et avec une petite assurance ça n’en vaut pas la peine. Je vais revoir un médecin la semaine prochaine, en insistant le plus possible cette fois.
    Le système de santé d’ici me fait assez peur je vous avoue , dommage de ne pas avoir de réponse suite aux questions posées dans votre denier paragraphe.

  2. Bonjour,
    Désolé de ce qui vous arrive et j’espère que mon expérience vous aidera un peu.
    Depuis 2008 j’ai écrit plusieurs autres articles en Sante et soins de sante qui apportent certaines réponses. Le système de sante au Québec est médiocre surtout quand vous allez dans les urgences des hôpitaux a Montréal (longues heures d’attente, lit dans couloir, vigile). Mon constat s’est affiné depuis 15 ans que j’y vis mais rien ne semble s’améliorer.

    Essayer d’autre médecins, avec un peu de chance et de ténacité vous tomberez sur un bon médecin. Si vous retournez en France en vacances, profitez en pour faire du tourisme médical.

  3. Bonjour,
    Merci pour votre retour sur la question. Demain j’en serai à mon 3ème médecin, nous verrons bien. Mais étant en résidence temporaire pour le moment mon ami et moi, sommes assez refroidi par ce point. La santé ce n’est pas rien. La France a pas mal de points faibles, de médecins parfois moyens, mais je n’ai pas cette impression que la prise en charge médicale est seulement pour les plus riches… Ou alors trouver une entreprise pour nous employer avec une belle assurance.

  4. Le privé a été introduit assez récemment au Québec par le gouvernement libéral (de Jean Charest). Avant ça, ce lui qui ne pouvait pas attendre les délais du service public « gratuit » ou avoir un meilleur service devait aller a l’étranger ou une autre province canadienne.
    Comme c’est « gratuit » le seul moyen de dissuader les québécois de trop consulter (et faire exploser le budget sante) c’est le temps d’attente.

    Avec un visa permanent (mon cas) voir aussi le visa provisoire je pense vous avez droit a la carte soleil qui donne droit aux soins gratuits du système public sinon la consultation d’un médecin est facturée environ $75. C’est souvent assez cher pour le service rendu.

  5. Merci Paul. Mais non malheureusement je n’y ai pas droit. Mon assurance Française me couvre sur certaines choses mais pas la majorité des cas. En effet, les généralistes sont entre 80 $ et 200$ la consultation en clinique sans rendez-vous à Montréal.

  6. 200$ pour une consultation d’un généraliste !
    D’après mes souvenirs, voila 2 ans environ, j’avais entendu 150$ pour la première consultation (30 min) et 75$ les suivantes. Les prix ont encore augmenté. J’avais trouve cela très cher et ça l’est davantage maintenant. Sinon il y a qq années, j’avais lu un article d’un journaliste qui avait utilise des cartes soleil d’autres personnes sans avoir le moindre problème a l’hôpital.

  7. Oui Paul 200$ pour une consultation chez un généraliste c’est possible… C’est moche d’en arriver au point d’emprunter la carte soleil, mais malheureusement je comprends. Certaines cliniques sans Rdv, demande aux patients de téléphoner la veille et de rentrer son numéro RAMQ.. Et quand on en a pas… eh bien, faut se débrouiller.

  8. Emilie,
    Pour revenir a vos symptômes et votre arrivée récente (1 an) au Québec, vous avez sans doute subi le stress de l’immigrant. La grande fatigue peut venir aussi d’une dépression ou d’un problème de thyroïde (sensible au stress). Si on n’est pas déprimé au départ, cette situation de santé dégradé peut y conduire progressivement. Plus tendu (ventre) et le dos fait plus mal. Si un relaxant musculaire vous aide, il faut se détendre durablement comme la pratique d’un sport « plaisir » et recommandé. La note d’espoir c’est que dans mon cas, sans traitement médical après les 3 premiers mois (anti-inflamatoire) mon état s’est très progressivement amélioré en marchant, piscine puis du vélo allongé et sans oublier les doux massages (digiponcture) de ma conjointe canadienne. Il faut avoir une meilleure hygiène de vie et la douleur nous motive a changer cela. Bon courage !

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