Suite à une discussion politique, j’ai décidé de rédiger cette rapide analyse afin d’essayer de mieux éclairer le choix des citoyens canadiens pour les prochaines élections fédérales. Mes sources d’informations sont la presse francophone sur internet dont le site de radio-canada et certains blogs d’actualité que j’ai lu depuis que le gouvernement Harper est au commande.
Avec l’aide de ses collaborateurs, M.Harper a exploité une affaire relativement mineure (« affaire des commandites ») en se servant des média pour exciter suffisamment l’opinion publique et discréditer l’équipe gouvernementale libérale au pouvoir qui n’avait pas de responsabilité directe dans ce scandale. Ces mêmes médias qui se sont plaint ensuite de cette nouvelle équipe politique au pouvoir ne les informe plus qu’au compte goutte, suivant des règles strictes et leur besoin. Ces médias de masse qui n’ont pas jugé utile de mettre en perspective les éléments de cette affaire, de dénoncer les amalgames hâtifs. Pour la qualité de notre démocratie, il est important qu’ils tirent les enseignements nécessaires pour qu’une telle exploitation électorale ne se reproduise plus à l’avenir. Je reste un peu sceptique quand je vois les erreurs de raisonnement et amalgames en tout genre que peut écrire un journaliste ou un intellectuel dans les médias de masse et sans parler des commentaires du public.
Est que M.Bush ou M.Harper sont incompétents ou plutôt des leaders qui regardent d’abord leur intérêts et ceux de leur proche avant tout ? Peu importe au fond la raison profonde de leurs « erreurs », ne regardons que le résultat final, le bilan pour la grande majorité des citoyens que cela soit maladroit ou faute volontaire en vue d’intérêts privés et partisan.
Le bilan est délicat à faire vu la complexité des paramètres et l’information qui reste secrète ou ignorée des médias de masse que nous écoutons. Il doit être aussi réalisé avec le plus d’objectivité possible à charge et décharge, pour être utile au choix du prochain leader politique disponible et suivant les priorités de chacun. J’ai toujours trouvé ridicule, lorsqu’un journaliste demande son propre bilan à un homme politique en campagne électorale. Un bilan se doit être complet et traiter toutes les responsabilités importantes d’un gouvernement. Idéalement il doit être fait pour tous les candidats majeurs d’une élection (fédérale ou provinciale).
C’est sans doute à cause de toutes ces exigences, que je n’ai pas jamais lu un tel bilan dans un quotidien ou un magazine avant une élection politique. J’ai plus souvent lu la liste des propositions et promesses de chaque candidat. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.
Cet article ne constitue qu’un bilan partiel (ou une première partie) car il ne traite pas de toutes les responsabilités d’un gouvernement fédéral et limité dans le temps avec un gouvernement qui continue d’agir.
Bien évidemment, un entrepreneur comme un chef d’état à droit à l’erreur mais on distingue le bon leader celui qui sait corriger rapidement le tir et rebondir de ses erreurs. Celui qui s’entête dans l’erreur peut entrainer la faillite d’une entreprise ou endetter lourdement une nation pour les générations futures.
1. Environnement
Cette première qualité de correction indispensable ne se retrouve pas dans l’équipe dirigeante du gouvernement Harper, celle qui décide des stratégies après l’avis des conseillers. J’en veux pour preuve, la politique sur l’environnement. Après le tollé par les nouvelles positions politique qui ne respectaient même pas les engagements des gouvernements précédents canadiens en la matière. Quand ils ont finalement compris que nier le réchauffement climatique ne pouvait pas tenir devant le consensus scientifique international ils ont changé de ministre de l’environnement. Le nouveau discours n’était guerre plus intelligent et le leurre malgré les déclarations initiales du nouveau ministre de l’environnement n’a pas duré bien longtemps avec les conférences internationales sur l’environnement. Le gouvernement canadien de M.Harper s’est ainsi discrédité à plusieurs reprises.
Alors évidemment l’intérêt économique de la province de l’Alberta pour l’extraction du pétrole bitumeux a été bien défendu mais il nous faut regarder l’intérêt général de l’ensemble des Canadiens et l’intérêt environnemental à long terme pour l’Alberta.
2. Politique internationale
A. Pour la première fois, un gouvernement du Canada sous l’impulsion de l’équipe dirigeante a commise une grave ingérence dans le processus électoral de son plus grand client et allié politique je veux parler des USA. Un auteur a largement développé l’Alenagate et je vous invite à lire son article très bien documenté.
Est ce un risque acceptable que peux prendre un bon leader politique soucieux de l’intérêt de son pays ? Si même le pari est réussi ce qui ne semble pas être le cas, ca laisse un précédent regrettable pour les relations politiques mutuelles futures.
B. En politique internationale, il y a l’affaire de l’Afghanistan et de l’envoi de soldat qui est lié vraisemblablement à des accords plus ou moins secrets avec l’allié et partenaire américain. Je ne connais pas les avantages économiques qu’ils ont gagnés en échange de la vie de ses soldats canadiens.
Je ne parlerai donc que des déclarations de Harper sur le Tibet et ses rencontres avec le Dalai Lama ou avant cela les commentaires de son ministre de l’économie sur le supposé espionnage industriel chinois qui irritent la Chine, 1300 millions de consommateurs et future probable 1ere puissance économique d’ici 2050 au rythme de croissance actuelle. Les conséquences risque d’être désagréable économiquement s’il persiste vu ce qu’a connu la France pour des incidents indépendants du gouvernement français avec le boycott spontané de grands magasins français en Chine par les consommateurs chinois.
3. Leadership politique national et diplomatie internationale
On attend d’un leader et 1er ministre canadien qu’il agisse dans l’intérêt de tout les canadiens et qu’il mette en veille son attitude partisane de chef de parti. Il doit réussir à rassembler toutes les forces canadiennes et ne pas les diviser. Je reconnais que dans ce registre il ne semble pas plus médiocre qu’un M.Dion ou un M.Charest. Lucien Bouchard était parfois un peu terne de mes souvenirs mais avait une attitude qui le plaçait au dessus des disputes partisanes. Il a d’ailleurs sans doute quitté la politique québécoise lassé de ses disputes partisanes et stériles qui divisent.
Si ce don polémique est assez bénéfique pour le candidat et son parti dans une campagne électorale, il peut se révéler préjudiciable dans l’intérêt supérieur des canadiens pour le bon fonctionnement du parlement canadien et pour la politique étrangère qui nécessite un sens de la diplomatie. Je pense au chef de l’opposition parlementaire M.Dion et au gouvernement Chinois qui sont irrité par certains propos de Harper et son équipe dirigeante.
Bien sur, un gouvernement minoritaire est une situation un peu délicate qui pousse davantage à ce genre de comportement mais là encore l’intérêt supérieur devrait prévaloir à la carrière politique d’un individu et d’un parti politique.
4. Justice et corruption
A. Affaire des commandites
Malgré ses promesses électorales, seule une petite part des suggestions du rapport du juge Gomery ont été appliqué d’après un ancien article de presse lu sur radio-canada. D’ailleurs les mesures ont été prises avant le 2e rapport du juge. Le juge a semblé déçu des mesures. Soit c’est une erreur grave soit ca confirme que l’affaire n’était pas si grave pour agir aussi docilement ensuite passé les élections. Tirez votre propre conclusion.
B. Prison
Je ne connais pas le dossier assez en détail mais il y a eu plusieurs signaux donnés dans la presse pour un virage vers un durcissement des lois pénales comme on en trouve aux USA.
J’ai toujours été surpris de la différence du niveau de violence entre ces deux pays voisins. Si on applique les mêmes méthodes on risque d’avoir les mêmes résultats. Quand ils sont bons, c’est un modèle à suivre mais quand ils sont catastrophiques avec le niveau de criminalité aux USA, on peut se poser si le pragmatisme ne doit pas prendre le pas sur l’idéologie et les promesses électorales du parti conservateur.
De plus il ne faut pas oublier l’aspect économique, un prisonnier canadien coute plus de $60.000 par année.
5. Taxes et réduction de la dette
Parmi le positif, je dirais la poursuite par le ministre de l’économie d’une rigueur budgétaire instauré par Paul Martin, le 1er ministre et candidat libéral battu après le « scandale » des commandites du gouvernement libéral de M. Chrétien. L’excédent budgétaire annuel du gouvernement fédéral est positif pour réduire la dette fédérale et le poids des intérêts (intérêts qui sont au passage assez élevé pour un état) mais ne doit pas nous faire oublier la dette totale : fédérale + provinces et les budgets déficitaires de certaines provinces. Au G8, le Canada apparait ainsi comme le bon élève. Les provinces sont largement endettées à part sans doute l’Alberta avec sa manne pétrolière. Si on additionne la dette fédérale et provinciale on se retrouve à un niveau d’endettement supérieur à celui de la France et légèrement inférieur à la dette publique américaine par habitant.
La baisse de 1% de la taxe fédérale est une mesure fiscale populaire et bénéfique pour les consommateurs canadiens.
Reste pour ce bilan soit complet, d’étudier les mesures économiques en faveur des entreprises et de l’innovation, les investissements et stratégie militaire canadienne, les transferts de fonds dans les infrastructures (routes, ponts,…), la santé et l’éducation qui sont avant tout de responsabilité provinciale et j’oublie sans doute d’autres responsabilité fédérale importante.
Si un rédacteur se charge de compléter ce bilan, d’y ajouter les références d’articles nécessaires, il faudrait également démarrer le bilan du chef de l’opposition M.Dion et comme ancien ministre et député libérale.
Espérons qu’une nouvelle classe politique va émerger, avec un électorat mieux informé qui sait apprécier la qualité et reconnaître les fumistes et baratineurs. Il faut pour cela que les médias mettent davantage en avant les idées de fonds et le suivi des résultats de l’action politique. J’ai dit mieux et pas plus informé nécessairement. Nous sommes envahis d’information et peu gens gèrent correctement cette complexité, cette abondance sans faire des amalgames et des raisonnements bancals. Mieux vaut moins d’élément et un meilleur traitement de l’information. Il faut aussi sortir des contingences de temps aussi strict lors des débats politiques ou diminuer le nombre des questions pour laisser au politicien le temps de développer convenablement une idée.