Registre des armes à feu

Registre des armes à feu : Un silence qui fait du bruit

Au lendemain de l’adoption du projet de loi C-391 visant à abolir une partie du registre des armes à feu, le gouvernement a dû justifier, jeudi, pourquoi il n’avait pas divulgué, avant la tenue du vote, des données de 2008 sur l’utilisation du registre.

Le rapport ministériel de l’an dernier sur le rendement de la Gendarmerie royale du Canada, qui ne doit être rendu public que ce vendredi, conclut à l’utilité du registre. Des informations dévoilées en matinée révélaient que les policiers avaient consulté le registre 3,5 millions de fois en 2008, une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente. Le document fait également ressortir que les dépenses liées à l’enregistrement des armes à feu sont évaluées à 8,5 millions dollars, près de trois fois moins que les sommes prévues par le gouvernement.

Après avoir été assailli de questions par les journalistes, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Peter Van Loan, a admis avoir retardé de plusieurs jours la publication du rapport, plutôt que de le rendre public avant le vote de mercredi. Il a toutefois tenté de minimiser l’impact des données qu’il contient. Le ministre Van Loan a affirmé qu’une infime partie des renseignements consultés était liée à la portion du registre consacrée aux armes de chasse, une catégorie d’armes que le projet de loi adopté en deuxième lecture vise à soustraire du registre. Il a soutenu que le registre n’était utilisé pour chercher de l’information sur les armes d’épaule et leurs propriétaires que dans 3 % des cas, des chiffres à la baisse selon lui. Mercredi, un communiqué émis par son bureau évoquait le délai en ces termes: « les Canadiens n’ont pas besoin d’un autre rapport pour savoir que le registre des armes à feu est très efficace lorsqu’il s’agit de harceler les fermiers et les amateurs de plein air, tout en gaspillant des milliards de dollars des contribuables. »

Le projet de loi C-391, qui propose de diminuer considérablement la portée du registre, a été adopté en deuxième lecture, mercredi, à 164 voix contre 137, grâce au soutien d’une dizaine de députés libéraux et néo-démocrates.

C’est qu’on appelle un mensonge par omission ou une détention d’information coupable. Voulez vous voir la tête du ministre conservateur de la Sécurité publique ?

ministre peter-van-loan

Non je me suis pas trompé, il ne s’agit pas d’un mongolien. :lol:

Harper choisit bien ses collègues de travail pour rester le leader du parti conservateur.

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4 Réponses to “Registre des armes à feu”

  1. Maxell Says:

    Au lendemain de la tragédie du Collège Dawson à Montréal, le débat sur la légitimité du fameux registre des armes à feu vient à nouveau de refaire surface. Pour bon nombre de citoyens, la douche fut plutôt froide. Ce registre tant vanté par différents groupes de pression s’est avéré inefficace pour dissuader Kimveer Gill de passer à l’acte.

    La vérité est que dès le début, on a bourré l’opinion publique d’illusions avec le registre des armes à feu. Lorsque furent révélées au grand jour les malversations financières du programme, ces défenseurs, pris de panique, se sont empressés de nous supplier la larme à l’œil de le conserver. Ce registre, nous disait-on, fait certes l’objet d’une mauvaise gestion, mais il est indispensable à la sécurité publique. Pourtant dès 1993, un rapport du vérificateur général du Canada critiquait déjà sévèrement le gouvernement fédéral pour avoir adopté de nouvelles lois de contrôle sans que l’impact dissuasif sur le crime n’ait jamais était établi. Plus d’une décennie plus tard, l’ombre est toujours présente au tableau et personne dans les médias n’a eu l’audace de mettre à nu cette fameuse loi.

    1. Division profonde chez les policiers

    Le Parti libéral prétend que la police consulte le registre 5000 fois par jour. Ce chiffre rond ne veut absolument rien dire et on le fait grossir, comme par magie, à chaque fois que Stephen Harper réitère son intention de sabrer dans le programme. Il faut spécifier que lorsque les policiers accèdent au Centre d’information de la police canadienne (CPIC) pour n’importe quelle raison, tel un changement d’adresse, une connexion se loge automatiquement au registre (CFRO). Dans les faits, il n’y a jamais eu à ce jour la moindre étude qui ait démontré les motifs réels de ces consultations et si elles avaient un impact dans la lutte contre la criminalité.

    En mai 2006, la journaliste Emmanuelle Latraverse, de Radio-Canada, révélait dans un reportage qu’il n’existe pas au Canada de corps de police qui soit en mesure de citer la moindre enquête qui fut réglée à l’aide du registre. En janvier 2003, l’ancien chef de police de Toronto Julian Fantino affirmait devant la presse que le registre n’a jamais été un outil de dissuasion efficace, et encore moins utile pour résoudre un homicide. Une opinion partagée par de nombreux officiers supérieurs de première ligne tel Al Koenig de Calgary, Bean Beatty et John Gayder de l’Ontario et Murray Grismer de la Saskatchewan. Tous condamnent le fait que l’enregistrement des armes à feu n’a jamais épargné une vie où encore aidé à lutter efficacement contre le trafic d’armes à nos frontières. De leur point de vue, les ressources sont très mal utilisées.

    2. Une base de données défaillante

    Il y avait 306 infractions illégales dans la base de données de la police nationale qui ont été documentées entre 1995 et 2003, dont 121 qui n’ont toujours pas été résolues. Beaucoup d’enquêteurs de la police ont exprimé publiquement leurs inquiétudes en disant craindre que le registre, qui renferme des informations confidentielles, ne devienne une liste d’épicerie pour le crime organisé. De plus, le directeur de l’enregistrement des armes à feu à la GRC a déjà admis qu’un taux d’erreur de 90% existe dans les demandes d’enregistrement. Pour le sergent Bob Cottingham, aucun officier en service ne peut entreprendre une intervention sur la base de ce registre.

    3. Le monde à l’envers

    Le registre des armes à feu a placé sous surveillance préventive des millions de citoyens canadiens sans antécédents criminels. Ceux-ci doivent signaler tout déménagement à la police (article 102) et s’exposent à des perquisitions sans mandat et des détentions abusives. Pendant ce temps, nos politiciens ont beaucoup de difficulté à s’entendre sur la nécessité d’un registre pour les délinquants sexuels sous prétexte qu’il ne respecterait pas la vie privée… Une criminelle comme Karla Homolka, ayant participé à des crimes odieux, a toute la liberté nécessaire pour circuler au pays sans rendre de comptes à personne. La police n’oblige même pas les 176 000 personnes les plus dangereuses du pays, à qui on interdit la possession d’une arme, de signaler un changement d’adresse. Pourquoi la Loi sur les armes à feu n’autorise-t-elle pas la police à «inspecter» périodiquement le foyer de ceux à qui on a interdit de posséder une arme à feu?

    4. L’illusion dans la lutte au suicide et la violence conjugale

    Allan Rock, ancien ministre libéral avait déclaré, sans rire, que le registre des armes à feu allait enrayer la violence conjugale. De 2000 à 2003, les données de Statistique Canada soulignent que sur 103 victimes, 31% ont été tuées à l’aide d’armes de poing que le gouvernement essaie d’enregistrer depuis 1934. D’autres chiffres démontrent que plus du trois quart des homicides en milieu familial ont été commis avec autre chose qu’une arme à feu. Tout ce passe entre les deux oreilles. Même constat au niveau de suicide. Les criminologues indépendants Matthew Yeager et Philip Stenning insistent pour dire qu’une personne qui souhaite se suicider trouvera toujours le moyen de le faire si elle n’a pas d’aide, puisque sa détresse est psychologique. Jean Caron du département de psychiatrie de l’Université McGill, suite à une enquête menée en Abitibi-Témiscaminque, démontre que lorsque l’arme à feu n’est pas disponible, on se retourne immédiatement vers d’autres méthodes comme la pendaison. Le registre comme outil de prévention est un mythe bien établi.

    5. Un faux sentiment de sécurité

    Lundi, une femme de 20 ans a été tuée par balle dans sa voiture à Ottawa. Les voyous ont pris la fuite sans laisser de trace. Hier, à Montréal, un jeune homme de 18 ans a été tué exactement de la même façon dans le quartier Ahuntsic. En quoi le registre des armes à feu a-t-il contribué à empêcher ces homicides? Ajoutons que la grande majorité des armes à feu impliquées dans des crimes au Canada ne sont pas enregistrées et que les numéros de série, pouvant retracer une arme suite à un vol, sont tout simplement effacés par les criminels.

    Le débat tenu en chambre sur le registre des armes à feu n’est que pure mascarade. Les conservateurs n’utilisent pas de véritables arguments pendant que le Bloc québécois ayant les mains liées par le lobby de Polytechnique n’est plus capable de la moindre critique. Pour le reste, comment peut-on donner la moindre crédibilité aux libéraux, les voleurs de bas étage qui s’époumonent à défendre leur propre fiasco?

    Mathieu Bréard

  2. Paul Napoli Says:

    M.Maxell,
    Est ce que Mathieu Bréard est d’accord pour publier son texte sur mon site Esprit Logique ? Dans le doute je ne vais pas harponner ce texte :mrgreen: bien que ce n’est pas l’envie qui me manque.
    C’est un exemple de raisonnement qui dénoncent certains incohérences et amalgames mais en contient également aussi. L’intérêt de lire ce genre de pseudo-argumentation est de s’entrainer à faire le tri entre les arguments recevables et tout les autres qui sont des erreurs de bonne foie ou pas.

  3. Émile Says:

    Un montréalais d’origine algérienne (un pays islamique) tue des montréalaises parce qu’elle font des hautes études dans une grande école montréalaise et moi qui habite à des milliers de KM de là je suis traité comme un criminel parce que j’ai des armes à feux.
    Pourquoi les interets des montréalais doivent primer chez moi par dessus mes intérets personnels, les intérêts de ma famille et les intérets de ma région ???

    Je crois que le résultats de ce vote ce soir prouve hors de tout doute que les régions citadine contrôlent totalement la politique de ce pays au détriment des régions.

  4. Paul Napoli Says:

    Bonjour Emile,
    En quoi vous sentez vous traité comme un criminel dans la procédure d’enregistrement ?

    Pour ma part, j’ai été traité vraiment comme un criminel pour une banale altercation un samedi soir. Nous vivons dans une société assez policé pour le meilleur et le pire. Le meilleur c’est que notre criminalité me semble bien plus basse que chez notre voisin du sud ou les armes a feu sont quasiment en vente libre. Le pire c’est une atteinte a nos libertés individuelles, Vivre en société c’est accepter certaines contraintes …


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