Coalition NPD-PLC OK et Harper KO ?

Cette situation politique me fait penseur au boxeur trop confiant de son avantage. Il baisse sa garde pour mettre KO son adversaire, en défense dans les cordes, et se prend un puissant Uppercut offensif qui l’envoi au sol. Est ce qu’il va pouvoir se relever, tenir sur ses jambes et gagner le combat ?

Les titres dans Le Devoir donne également cette impression.

Est-il trop tard pour Harper ? de Hélène Buzzetti

Les chefs des trois partis d’opposition se sont rencontrés en soirée hier pour s’entendre sur les mesures que prendrait la coalition pour venir en aide à l’économie. Le PLC et le NPD ont discuté intensément samedi et hier matin pour déterminer la forme que prendrait ce gouvernement de coalition. La rumeur la plus persistante veut que le cabinet comporterait 30 ministres, dont 10 néodémocrates. Le but hier soir était de présenter à Gilles Duceppe le fruit de ces discussions et s’assurer ainsi l’appui de ses troupes.

D’autre part, les trois prétendants à la direction libérale — Bob Rae, Michael Ignatieff et Dominic LeBlanc — se sont aussi rencontrés tard hier soir à Toronto dans un contexte où la coalition se cherche un chef. À cette rencontre, Bob Rae, que plusieurs disent tirer de l’arrière dans la course, s’est fait le défenseur de Stéphane Dion. Il a demandé à ses adversaires de se rallier à la proposition de M. Dion à l’effet qu’il reste le chef jusqu’à ce qu’un vainqueur soit couronné en mai.

«Il y a une course au leadership légitime en cours et M. Rae ne voit aucune raison de changer cela», a confié un proche conseiller de M. Rae. Selon cette source, «M. Rae est à l’aise [avec le fait que M. dion soit le chef]et il encourage les deux autres de faire de même.»

Bob Rae joue les prolongations. Je ne sais pas si c’est à l’avantage du Parti Libéral et du  Canada. Comme ancien 1er ministre ontarien NPD, il a sans doute un avantage pour une coalition avec le NPD mais le favori du caucus libéral est Michael Ignatieff.

Un point de non-retour ? de Chantal Hébert

Personne n’exclut plus l’hypothèse que la crise qui menace la survie du gouvernement de Stephen Harper ait dépassé le point de non-retour. Au-delà des concessions proposées en catastrophe par les conservateurs au cours du week-end, c’est l’indispensable lien de confiance entre le gouvernement minoritaire et l’opposition qui a été détruit la semaine dernière.

Sur Radio-Canada, M.Godin parle de L’arroseur arrosé

Sinon Louis Massicotte, titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions  parlementaires à l’Université Laval, nous parle d’anciens gouvernements de coalition en Angleterre et dans les provinces canadiennes.

Dans l’histoire parlementaire britannique, six premiers ministres ont été battus aux Communes au lendemain d’une élection. La liste commence avec Lord Melbourne en 1841 et se termine avec Stanley Baldwin en 1924. Chacun sans exception a choisi la démission plutôt que l’appel au peuple, et le chef de l’opposition a été invité à tenter sa chance. Dans l’histoire parlementaire fédérale, aucune demande de dissolution n’a été présentée durant les six premiers mois de l’existence d’une législature.

Au niveau des provinces, on relève au moins quatre gouvernements qui ont été défaits à l’Assemblée législative dès la rentrée parlementaire qui a suivi une élection: ceux de John Sandfield Macdonald en Ontario (1871), de Louis-Olivier Taillon au Québec (1887), de Jimmy Gardiner en Saskatchewan (1929) et de Frank Miller en Ontario (1985). Tous ont refusé d’en appeler au peuple. Ces deux derniers cas sont très pertinents. Le conservateur Miller détenait 52 sièges suite aux élections de mai 1985, contre 48 aux libéraux de Peterson et 25 aux néodémocrates de Rae. Ces derniers choisirent de faire cause commune avec les libéraux, avec lesquels ils conclurent un pacte détaillé de gouvernement valable pour deux ans.

L’année 2008 semble bien parti pour marquer l’avénement au pouvoir d’un gouvernement de coalition NPD-PLC. Un joli cadeau de Noël pour tous ceux qui sont déçu du bilan du gouvernement Harper, c’est à dire une large majorité de canadiens (63%).

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